Après trois prestations à Fos et à Martigues, les Pastoraliers martégaux ont fini en apothéose leur tournée hivernale à Sausset autour de la Pastorale Morel. A la salle des arts, le spectacle fut incomparable, tant dans le contenu que dans le contenant : chaque journée a en effet ouvert par un succulent aïoli- maison, qu’une centaine de convives sont venus déguster. C’était la mise sur rails idéale pour apprécier cette grande fresque autour de la nativité, garanti 100% made in Provence et tout en Provençal.
Au bout du compte les presque trois heures ont passées à une allure folle aux dires des spectateurs qui avaient rempli la salle des arts. Il faut dire que l’équipe est tellement rôdée et complice que chaque représentation amène son petit poil à gratter, son petit fluide hilarant qui fait que le déroulé a beau être toujours le même, aucune représentation ne ressemble à une autre : les comédiens se jaugent, se cherchent, se chambrent, se surprennent, se défient ou se provoquent pour le plus grand plaisir du spectateur. Avec ce qu’il faut de folie, d’anachronismes imprévus qui viennent pimenter le professionnalisme avéré de tous, la part belle étant évidemment faite au pistachier, inimitable et irrésistible. On a ainsi entendu des téléphones portables sonner, un maillot de l’OM offert à l’enfant-roi, un âne vrai-de-vrai et têtu comme un âne faire le tour de la salle…
Autrement dit, de vieilles recettes mais accommodées parfois façon nouvelle cuisine, la pastorale Maurel présidée par marc Antiomaso et son bras droit Bernard Germain a enchanté et fait hurler de rire la salle des arts, avec une fin de spectacle militante autour du très solennel coupo santo, et un « A l’an que ven », forcément incontournable pour l’occasion.